ESCALADE MJC GUILHERAND
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Les arêtes du Gerbier (2109 mètres) sont un sommet sur le
versant Est du massif du Vercors en Isère. Les falaises verticales de la
face Est sont très prisées par les amateurs d'escalade, avec des hauteurs
allant jusqu'à 400 mètres. Il y a aussi quelques itinéraires d'escalade
plus courts en face ouest. Pour une initiation à l'alpinisme, beaucoup
d'amateurs réalisent la traversée des arêtes entre la Double Brèche (1950
mètres) et le Pas de l'Œille plus au sud. En hiver, de belles goulottes
s'offrent enfin aux amateurs.
TRAVERSÉE DES ARÊTES
Sur une idée de Julien, nous partons donc découvrir à quoi
peut ressembler une course d'arêtes. Départ à 6h00 de Valence ce dimanche
5 juillet 2020. On rejoint Villard-de-Lans puis le parking de la Croix des
Glovettes à 1240m. Du parking, on prend le chemin du col vert pour passer
en une vingtaine de minutes une grosse bosse qui nous amène à la sortie de
la forêt au pied du Balcon Est. On repère tout de suite la double brèche
et impatients, on monte tout droit vers une forêt. Petite erreur sans
conséquence mais il vaut mieux suivre le vallon vers le sud et attendre
d'être à l'applomb de la double brèche pour monter par un vrai chemin bien
tracé. À la sortie d'un grand pierrier, on trouve la rampe de départ au
pied de laquelle on s'équipe. Ce sera corde tendue et Arthur qui prend les
devants pour poser quelques protections avec les conseils du patron. Un ou
deux ressauts, quelques gradins, quelques pierres qui roulent et on
rejoint le sommet. Nous sortons la tête de l'ombre pour découvrir une vue
magique sur Grenoble et les environs, de la Chartreuse au Mont Blanc au
Devoluy. Julien reprend la tête des opérations en s'appliquant à rester au
plus prêt du fil de la crête parfois aiguisée. La progression demande de
l'application car j'ai cru comprendre que malgré la corde il fallait
éviter de tomber. Les passages du rasoir et du peigne ne sont pas vraiment
compliqués ni aussi gazeux que je ne le craignais. Julien sort quand même
quelques friends et sangles pour nous offrir quelques pas d'escalade ici
et là rendant l'ensemble bien ludique. Au top ! On se laisse prendre au
jeu et on dépasse l'accès au rappel de 25 m qui se trouve dans un passage
bien marqué entre deux rochers caractéristiques. Nous le rejoignons tout
de même sans trop de difficultés et trouvons un beau relais chaîné. On
range ensuite les baudriers et les cordes dans les sacs pour entamer une
descente bien raide qui se termine en glissades dans le pierrier du
chemin. Le sentier Péronnard nous ramène vers nord et sur le chemin du
parking. Un bain de pieds dans la Bourne et une glace à Pont en Royans
concluent cette belle balade. Merci les copains !
LA GOULOTTE À PP
Ce dimanche 19 janvier 2025, il était prévu une baignade
souterraine dans le Gournier mais le destin en a décidé autrement. Notre
Stéphane béret préféré, après nous avoir tué à vélo le samedi sur les
sentiers ardéchois nous invite à une initiation au planté de piolet et à
la déambulation en crampons. On passe donc le samedi soir à récupérer et
régler le matériel nécessaire.
Dimanche à 9h15, l'équipe se retrouve à Villars de Lans; Valérie,
Stéphane, Ulysse, Arthur et moi. On se déguise en amis alpinistes et on
essaie de comprendre le matériel qu'il est nécessaire d'avoir avec nous.
En compagnons de cordée consciencieux on réussit quand même à laisser les
broches à glace de Stéph dans la voiture, je prends des chaussures trop
souples qui laisseront plusieurs fois s'échapper les crampons et Arthur
n'aura qu'un seul piolet.
On choisit l'approche en remontée mécanique pour rejoindre le sommet du
télécabine de la Cote 2000. On remonte un peu les pistes vers le sud puis
on redescend légèrement sur la gauche en direction des arêtes pour
rejoindre un chemin qui pénètre à flanc dans le vallon du Clot D'aspres.
On a assez rapidement l'objectif du jour en vue et on finit par tirer
droit vers le pied sud du Gerbier.
On ne chausse pas les crampons pour la dernière monté vers la goulotte et
c'est une erreur car la neige est parfois dure et l'envie de glisser
absente. Arrivés au départ de la goulotte, Stéphane et Ulysse nous
creusent de petites terrasses pour passer les baudriers et les crampons.
C'est exigu et je regrette de ne pas m'être équipé en bas de la
pente.
Tirage au sort des équipes et Ulysse a de la chance car c'est lui qui va
ouvrir en traînant au bout de ses cordes les deux spécialistes, Arthur et
moi. Val et Steph forment la deuxième dream team, fermeront la marche et
ramasseront les glaçons envoyés par les précédents. Il fait bon, il n'y a
pas de vent, la neige de cette face ouest est dure; les conditions sont
très bonnes.
L1 (25m) Passage d'un bloc coincé. Crux de la voie qui peut paraître
dur par rapport à la cotation. Pas le temps de s'acoutumer aux crampons
qu'il faut donc déjà s'employer. Je laisse très vite tomber l'idée de
passer avec élégance et malgré les conseils des copains, je m'obstine dans
un dulfer bizarre. Ça passe quand même grâce à la corde tendue. Moins de
souci pour le reste de la troupe. Ulysse fait un relais peu après sur une
lunule sur la gauche du couloir.
L2 (50m) Neige puis court ressaut. Ulysse engage, posant peu de
protections, et nous amène jusqu'à R4 en corde tendue.
L3 (50m) Neige jusqu'à ce que le couloir se divise en deux branches.
L4 (50m) On remonte la branche de gauche qui est assez étroite, technique
esthétique. R4 sur la droite sur deux pitons. On est doublés par un
soloiste à qui j'indique la direction du sommet et qui apprécie le
précieux conseil.
L5 (50m) On finit la rampe jusqu'à son sommet qui est au soleil.
L6 (30m) Ulysse choisit de sortir le long d'une très jolie arête de neige
jusqu'au sommet où il nous construit un beau relais sous un bloc avec une
vue incroyable sur les Alpes qui nous font face. Du côté de l'autre
cordée, c'est Valérie qui part devant et monte elle aussi un joli petit
relais. Summit for everyone !
Descente en suivant l'arête rocheuse vers le nord et en se méfiant de la
corniche. Progression prudente, très prudente pour moi d'abord sur du
caillou puis sur la neige dure. Pas évident de faire confiance aux
crampons pour le néophyte que je suis en traversant la pente mais en
s'appliquant on se retrouve sans encombre en terrain sûr. Plutôt que de
rejoindre les remontées mécaniques, on préfère la longue descente par le
sentier Péronnard jusqu'au parking de la Croix des Glovettes. Un peu de
stop jusqu'aux voitures, une crèpe virtuelle à la pate à tartiner puis
c'est l'heure du retour avec de belles images dans la tête et sur les
cartes mémoires des appareils photos.
Au final une super expérience, un grand merci à Arthur, l'éternel
compagnon de n'importe quoi qui aura fait pencher la balance vers ce beau
projet, à Cricri pour les piolets, et à nos guides du jour Valérie,
Stéphane et Ulysse qui ont réussi à me mettre en confiance et à nous faire
découvrir dans de parfaites conditions cette drôle d'activité qui permet
de rejoindre des sommets enneigés. Au top !