PILIER OUEST. Le 30/11/2019 avec Arthur. Départ de
bonne heure de Valence pour profiter d'une fenêtre météo favorable au
milieu de plusieurs jours de grisaille. Sur la route des gorges, on se
gare sur le parking du belvédère puis on distribue quelques cacahuetes aux
chèvres venues nous accueillir avant de trouver le départ de l'approche au
milieu des chênes à 10 mètres de la route côté Vallon pont d'Arc. L'idée
générale est de descendre en retournant vers le pilier sur lequel est posé
le belvédère par une sente plutôt bien tracée et cairnée. On tombe ainsi
sur un pierrier dans une brèche (combe ouest de la fusée ?) qui rejoint la
rivière. Un coup d'oeil à droite sur un secteur qui semble récent dans du
caillou jaune puis un peu plus bas à gauche, on contourne une petite
falaise pour remonter un peu et trouver le départ de la voie au niveau
d'une corde fixe qui permet de rejoindre les voies difficiles de la baume.
Le nom n'est pas inscrit mais l'intuition nous a conduit au bon endroit.
L1 (6a) 20 mètres. Un départ avec un premier pas rigolo
pour accéder sur le pilier puis deux courts passages au-dessus du reste
quand on a les chaussons encore un peu humides dans le mur qui permet de
rejoindre
la terrasse de R1. Je ne m'arrête pas et enchaîne avec L2.
L2 (5b) 15 mètres dans
un
dièdre facile et joli malgré un court passage à travers les
végétaux. Ne pas faire le relais dans le dièdre (1 piton et
1 spit) mais en haut du dièdre sur une petite terrasse bien plus
confortable.
L3 (6a+) 25 mètres. Au tour d'Arthur avec un départ du
relais vers la droite sur une grosse écaille puis un dièdre magnifique
dans un rocher très travaillé. L'escalade qui demande un peu de réflexion
est agréable et bien aérienne. On passe à travers un genévrier de Phénicie
mort pour trouver le relais.
On
entre pour de bon dans l’ambiance de la voie.
L4 (6b) 20 mètres. Arthur repart du relais plutôt vers la
droite (à gauche spits visibles de "confiance dans l'azur" ). Un passage
teigneux sur des trous et gouttes d'eau au départ du relais pour quelques
mètres aériens et techniques puis ça se calme. Très joli, et bien agréable
en second.
L5 (5c) 25 mètres. De R4 on traverse 4/5 mètres à
gauche pour se retrouver au pied d'une dalle. Pas si facile et j'abandonne
vite l'idée de rester dans la dalle préférant grimper à droite des points.
Encore un relais tout confort au pied de la suite.
Arthur
qui arrive sur la terrasse.
L6 (6b+) 20 mètres. La longueur clé avec un passage
court, glissant, athlétique et technique, bien compliqué même en second et
en artifant. C'est Arthur qui passe devant et
se
met quand même une mission pour faire le pas. Il pose le sac, s'y
prend à deux fois et ça passe; bien joué. Suit une traversée finaude,
gazeuse et descendante en fin de longueur pour rejoindre le relais très
aérien et exigü derrière un gros genévrier.
L7 (6b) 30 mètres. Longueur probablement fabuleuse quand
on a le niveau. Deux lignes de points. Je choisis le départ de gauche en
accrobranche dans un genévrier. Suit une remontée physique pour
rejoindre un petit passage plus calme qui permet de prendre un repos avant
une deuxième partie dans un mur à trous exceptionnel. Il faut grimper
entre les points et j'expérimente le vol en grande voie avant de réussir à
sortir cette longueur. Relais possible dans un arbre à condition de
changer une corde vieillissante. Je choisis de rejoindre la vire un peu
au-dessus où une corde fixe aide à traverser 10 mètres à droite
jusqu'à un relais après un chêne derrière le pilier. Avec beaucoup de
tirage et une communication difficile, je ne sais pas si c'était la
meilleure idée.
L8 (6a+) 25 mètres. Je suis séché et c'est Arthur qui se
colle à la dernière longueur. On traverse à droite (en coupant la dernière
longueur d'un monde à part équipée sur broches)
puis
on monte sur le fil du pilier par un pas délicat pour finir dans une
grande diagonale vers la
droite sur une dalle splendide et aérienne. On arrive fatigués de
nos efforts mais fiers et ravis d'avoir coché cette voie dans mes
cotations limites.
Retour évident sur le belvédère en moins de cinq minutes.
Au final une superbe escalade; l'ambiance aérienne, le décor automnal avec
l'Ardèche qui coule en contrebas, le bon équipement, les relais confort,
la grimpe variée et le bon caillou nous auront offert une bien belle
journée. Merci aux équipeurs (Jean Gilly à l'origine puis Christophe
Bernard en 2003 si j'ai bien compris). Si le 6b est dans vos cordes,
offrez-vous cette promenade ardéchoise, vous ne le regretterez pas !